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Switching SaaS : ce que change réellement le Data Act

Depuis septembre 2025, le Data Act encadre strictement le changement de fournisseur de services de traitement de données, incluant les solutions SaaS et cloud.

Ce que beaucoup d’éditeurs considéraient jusqu’ici comme une simple clause de réversibilité contractuelle devient désormais un sujet réglementaire.

Le switching n’est plus seulement une question commerciale.

Il devient un enjeu de conformité.

Du “service de réversibilité” au droit effectif de migration

Avant le Data Act, la réversibilité relevait principalement :

  • de la négociation contractuelle,
  • du rapport de force commercial,
  • de la politique tarifaire du fournisseur.

Le Data Act introduit une logique différente :
le client doit pouvoir changer de fournisseur sans obstacle injustifié.

Cela implique :

  • l’interdiction d’obstacles techniques artificiels ;
  • l’encadrement des frais liés à la migration ;
  • la mise à disposition des données dans un format exploitable ;
  • la définition d’une période de transition raisonnable.

Autrement dit : le switching devient un droit structuré.

Les frais de migration : un point sensible

L’un des sujets les plus structurants concerne la facturation.

Le Data Act organise la disparition progressive des frais liés au changement de fournisseur.
À terme, le switching ne doit plus générer de coûts pour le client.

En France, la loi SREN prévoit d’ores et déjà la gratuité du transfert des données dans le cadre du changement de fournisseur.

Autrement dit, la mise à disposition des données dans un format exploitable ne peut plus constituer une source de revenus.

Seules peuvent éventuellement subsister des prestations spécifiques, distinctes du transfert standard, strictement justifiées et proportionnées.

Pour les éditeurs SaaS, cela impose de revoir :

  • la structure tarifaire ;
  • la distinction entre transfert standard et assistance complémentaire ;
  • l’articulation entre switching et engagement contractuel.

Une facturation dissuasive ou insuffisamment justifiée peut désormais être contestée non seulement sur le terrain contractuel, mais également devant le régulateur.

Formats de données et portabilité renforcée

Le client doit pouvoir récupérer ses données dans un format structuré, couramment utilisé et exploitable.

Cela implique :

  • une cartographie précise des données concernées ;
  • une documentation claire ;
  • une capacité technique opérationnelle réelle.

Il ne s’agit pas d’un simple export “brut” laissé à l’interprétation.

La cohérence entre architecture technique et documentation contractuelle devient déterminante.

Période de transition : une obligation d’organisation

Le changement de fournisseur ne s’arrête pas à l’export des données.

Le Data Act impose une période de transition durant laquelle le fournisseur doit coopérer afin de permettre la migration vers un nouvel environnement.

Pendant cette phase, l’éditeur SaaS ne peut ni entraver le processus, ni transformer la migration en levier de négociation.

Pour l’entreprise, cela implique d’anticiper :

  • l’organisation opérationnelle des départs ;
  • les ressources techniques mobilisées ;
  • la coordination avec le nouveau prestataire ;
  • l’articulation entre migration et fin d’engagement contractuel.

Sans encadrement clair, cette phase peut rapidement devenir un point de friction :

  • désaccord sur le périmètre d’assistance ;
  • contestation des éventuels frais résiduels ;
  • remise en cause des indemnités de résiliation ;
  • voire signalement auprès du régulateur.

La migration devient ainsi un moment juridiquement sensible, qui doit être structuré en amont.

Un risque de contrôle et de plainte

En France, les pratiques liées au switching et aux frais de migration peuvent faire l’objet d’un contrôle par l’ARCEP.

Un désaccord commercial sur la réversibilité ou les conditions de sortie ne relève plus uniquement de la négociation contractuelle : il peut être porté devant le régulateur.

L’autorité peut alors examiner la cohérence entre les clauses contractuelles, les modalités tarifaires et les pratiques effectivement mises en œuvre.

Les sanctions prévues peuvent atteindre jusqu’à 4 % du chiffre d’affaires annuel mondial total.

Pourquoi une simple clause de réversibilité ne suffit plus

Beaucoup d’éditeurs envisagent d’adapter leur clause de réversibilité existante.

En pratique, cela est rarement suffisant.

Le switching implique une cohérence entre :

  • CGV et annexes contractuelles ;
  • documentation technique ;
  • organisation interne ;
  • modèle tarifaire ;
  • communication commerciale.

Une modification isolée peut créer des incohérences exploitables en cas de litige.

Transformer la contrainte en avantage compétitif

Un dispositif de switching clair et structuré peut devenir un levier de crédibilité commerciale.

Les clients B2B sont de plus en plus sensibles :

  • à la transparence ;
  • à la maîtrise des risques ;
  • à la capacité d’évolution technologique.

Un éditeur capable de démontrer la conformité et la fluidité de son dispositif de migration renforce sa position sur le marché.

Sécuriser le switching dans votre modèle SaaS

L’anticipation est essentielle.

Une analyse approfondie permet notamment :

  • d’identifier les points de friction potentiels ;
  • d’ajuster les clauses contractuelles ;
  • d’aligner les pratiques techniques et commerciales ;
  • de réduire le risque réglementaire.

Le Data Act ne remet pas en cause la viabilité du modèle SaaS.

Il impose une structuration plus rigoureuse du changement de fournisseur.

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  • Indemnités de résiliation et Data Act : jusqu’où peut-on aller ?
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Withlaw accompagne les éditeurs SaaS et acteurs du cloud dans :

  • l’identification des services concernés et la qualification des obligations applicables au regard du Data Act ;
  • la rédaction ou l’adaptation d’une annexe contractuelle dédiée (switching, frais de migration, réversibilité, interopérabilité) ;
  • la sécurisation des mécanismes d’engagement et d’indemnité de résiliation afin de préserver l’équilibre économique du modèle d’abonnement ;
  • la structuration de l’information précontractuelle requise par le règlement ;
  • la mise en place d’une procédure interne relative aux demandes d’accès d’autorités étrangères (analyse, critères de réponse, traçabilité) ;
  • l’articulation contractuelle avec les sous-traitants et fournisseurs d’infrastructure.

L’objectif : assurer la conformité tout en maîtrisant l’impact économique et contractuel du règlement sur votre modèle.

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